En cette première semaine de décembre 2019, la coordination de la campagne « Communes du Commerce équitable » (CDCE) a organisé deux formations similaires à Huy et Charleroi. La rencontre s’est organisée en trois parties.

Présentation du commerce équitable et la campagne.

Le commerce équitable

Après avoir contextualisé le commerce équitable à travers la vision de l’économie selon Karl Polanyi, « Le prix juste, et si on prenait le problème à la racine ? », et une ligne du temps, Théodore Gallez, qui remplace Sophie Duponcheel à la coordination de la campagne CDCE, a présenté les dix principes du commerce équitable a défini le commerce équitable par ses dix principes. Cette définition démontre que le commerce équitable est un outil intégrant les objectifs du développement durable.

Pour en savoir davantage sur le commerce équitable :

  • « Comprendre le commerce équitable »
  • Charte du commerce équitable

Ensuite, il a clarifié les marques et labels que le consortium de la campagne reconnait, en présentant le guide des labels.
Pour en savoir davantage sur les labels, il suffit de contacter la coordination de la campagne CDCE.
Pour en savoir davantage sur les marques : Brochure du la Belgian Fair Trade Federation.
Enfin, Théodore a expliqué pourquoi le commerce équitable faisait face à de nouveaux enjeux.

La campagne « Communes du commerce équitable »

La campagne est portée par plus de 2000 communes à travers le monde dont 250 en Belgique. En Wallonie-Bruxelles, la campagne est coordonnée par un consortium de trois associations.

Pour être titrée, une commune doit respecter 6 critères. Ceux-ci ont pour objectif de sensibiliser les acteur∙trice∙s locaux∙cales au commerce équitable et d’intégrer la thématique au sein des communes de façon à obtenir des changements de comportement des acteur∙trice∙s et consommateur∙trice∙s locaux∙cales (commerçant∙e∙s, écoles, établissements HORECA, associations, entreprises, administrations communales, etc.) ainsi que des changements des règles et des pratiques des communes (marchés publics, sensibilisation des habitant∙e∙s, etc.).

Après avoir remis le dossier de candidature, la commune nouvellement titrée est invitée à poursuivre son engagement de manière continue.

Deux outils sont à leur portée :

  • Le plan d’action
  • Le Fair-ô-mètre.

Enfin, voici les dates structurantes pour l’année 2020 de la campagne « communes du commerce équitable » :

29 Janvier (après-midi)          Formation et Résultats du Fair-O-mètre
3 Mars (matin)                        Formation dynamiser CDCE
Mars- Avril                               Appel à projet TDC pour la SCE (3000€)
11 Mai                                       Journée du CE
7-17 Octobre                           Semaine du CE
21-22 Novembre                    Petits déjeuners Oxfam

Présentation de Théodore Gallez

Le levier des marchés publics.

La campagne « Communes du commerce équitable » propose notamment le levier des marchés publics pour changer les habitudes de consommations collectives.

Exemple : Fairebel

Daniel Hick, vice-président de Fairebel, a présenté son histoire et celle de Fairebel.

Présentation de Daniel Hick

L’innovation de la marque Fairebel réside dans la séparation des flux monétaires et des flux de matière (lait) pour garantir un revenu stable aux éleveurs.

Le flux monétaire :
Les producteurs ont constitué la marque Fairebel à travers la coopérative Faircoop.
En prenant une part de la coopérative, le producteur :

  • reçoit un revenu compensatoire, entre le prix du lait du marché et le coût de production estimé à 0.45€, à chaque litre de lait produit.
  • preste 3 jours par ans pour faire connaître la marque et promouvoir les produits Fairebel

La coopérative Faircoop impose un prix de vente aux grossistes et distributeurs. Pour tenir ce prix, il est nécessaire d’attiser la demande. Rôle des producteurs et des citoyen∙ne∙s, pouvant aussi prendre part à la coopérative.

Flux de matière :
En 2009, la seule laiterie ayant accepté de tenter l’aventure a été Luxlait, au Luxembourg. Le lait contenu dans les briques qui sortent de la laiterie sont issue des fermes voisines (Luxembourg, Belgique, Allemagne, France). Mais qu’importe, la qualité du lait est similaire en Belgique que dans ces pays limitrophes.

Peu à peu, la coopérative crée de nouveaux produits, pas seulement avec Luxlait. Mieux, dès cette année 2020, la coopérative organisera ses premières tournées à son nom chez 8 producteurs belges, coopérateurs de Fairebel. Les producteurs coopérateurs se réapproprient peu à peu leur outil de travail !

Acteur de commerce équitable, Daniel nous invite à stimuler la demande de produits équitables dans nos organisations et dans les marchés publics.

La SAW-B attire notre attention sur cet aspect. Bien qu’il s’agisse d’un dossier technique, c’est un levier de changement important.

Présentation de Laurent Droussie

Pour cela, Laurent Drousie invite les acteurs·trices de la campagne CDCE à interpeller les conseiller∙ère∙s communaux/ale ou échevin∙e∙s pour leur demander :

  • L’échéance des marchés publics.
  • de pouvoir échanger avec le pouvoir adjudicateur (les personnes responsables de la rédaction des marchés publics)
  • d’obtenir une copie des marchés publics précédents et en cours de rédaction.
  • Se mettre en contact avec la SAW-B et la coordination CDCE pour proposer des critères d’attributions créatifs et ainsi outiller le pouvoir adjudicateur souvent débordé.

Laurent Drousie – SAW-B – l.drousie@saw-b.be +32 (0)476 54 23 80
Sophie Duponcheel – CDCE – info@cdce.be +32 (0)499 64 65 53

Échanges d’idées et de bonnes pratiques.

A partir de la question « Comment impliquer les commerçant∙e∙s, entreprises et associations dans la démarche CDCE? », les participants ont dû brainstormer afin de trouver différents exemples d’actions, d’objectifs et de moyens à mettre en place dans sa commune.

Trois éléments sont ressortis de cette discussion :

Favoriser des échanges directs

Les outils de communication (type flyers, feuillet, affiche, mail, Facebook, siteweb…) sont des outils de support, de rappel. Les personnes susceptibles de s’intéresser ont besoin d’un échange direct et concret pour s’engager davantage.

Se rassembler dans le cadre d’une action concrète

Les personnes susceptibles de s’intéresser à la campagne ont besoin de se retrouver dans un cadre concret.

Se réunir pour rassembler des pièces du dossier de candidature.
Se réunir pour l’organisation d’un petit déjeuner.
Se réunir pour outiller les commerçants, le pouvoir adjudicateur et pour favoriser l’achat de produits équitables.

S’intégrer dans ce qui existe

Si un événement traditionnel s’organise, autant y intégrer des produits équitables.

Lors d’une célébration d’acteurs communaux, penser à offrir des cadeaux équitables.
Lors de l’organisation d’ un carnaval, penser à intégrer des produits équitables dans le bar.

Conclusion :

La campagne CDCE permet de faire bouger sa commune en faveur d’un monde plus durable et plus solidaire.  La coordination de la campagne peut soutenir les différents acteur·trices à s’inscrire dans la démarche CDCE, lors d’une réunion avec des membres des communes pour organiser le rassemblement des pièces du dossier de candidature ou établir un plan de suivi après titre.