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05/07/2021

La Ville de Liège, commune du commerce équitable en 2021 ?

Le Conseil communal de la ville de Liège s’est engagé en 2011 pour obtenir le titre de « Commune du commerce équitable » et rejoindre ainsi les 14 communes déjà titrées en province de Liège ainsi que les autres chefs-lieux de province comme Arlon et Mons. En Flandre, plus de 200 communes sont déjà titrées.

Le commerce équitable vit dans notre ville, on peut trouver une variété grandissante de produits issus du commerce équitable aussi bien dans des petits commerces locaux que dans des grandes surfaces. Nombreux sont également les établissements Horeca qui offrent un café, un thé ou un délicieux repas, préparés avec des ingrédients équitables et/ou locaux. Des commerces proposent aussi des produits équitables non-alimentaires comme, par exemple, du textile et des produits cosmétiques.

Mais en fait, c’est quoi exactement le commerce équitable ?

Le ministère de la Coopération au développement le définit ainsi : « Le commerce équitable est un système d’échange dont l’objectif est de parvenir à une plus grande équité dans le commerce mondial. Il offre à des producteurs défavorisés, établis en majorité dans les pays du Sud, l’opportunité de construire une existence digne. L’un des principes fondamentaux du commerce équitable est le paiement d’un prix équitable au producteur pour son produit. Il garantit également le respect des droits des travailleurs et de l’environnement, un meilleur accès au marché et un renforcement des organisations de producteurs ainsi que de leurs réseaux. »

Voici quelques chiffres clés :

  • Plus de 4.000 organisations de producteurs.trices certifiées à travers le monde.
  • 2,5 millions de producteurs.trices dans 75 pays :

=> 10 millions de personnes en bénéficient directement.

  • > 2.000 produits équitables, dont la banane est le plus populaire suivi par le café, le thé, le chocolat et le miel.
  • 7,8 milliards d’Euros : le chiffre d’affaires réalisé au niveau mondial en 2016.
  • Déjà plus de 2.000 communes dans le monde ont le titre de « Commune du commerce équitable » ;
  • 92% des Belges ont déjà entendu parler du CE et 43% des Belges achètent régulièrement des produits du commerce équitable.

 

Pour que la ville de Liège puisse rejoindre ces 2.000 communes, un comité de pilotage diversifié et représentatif des acteurs locaux s’est mis en place avec le but de remplir les 6 critères définis par la campagne pour obtenir le titre. Il s’agit, entre autres, de sensibiliser et de communiquer autour d’une consommation responsable pour un développement durable tant au Nord qu’au Sud. Mais également d’identifier des commerces, des établissements Horeca, des entreprises, des associations et des écoles qui utilisent des produits équitables sur le territoire de la ville de Liège ou organisent des sensibilisations. L’administration publique est également impliquée à travers des achats de produits et par l’intégration des critères du commerce équitable lors du lancement des marchés publics. Plusieurs membres de l’administration sont membres du Comité de pilotage, ce qui facilite la collaboration. Le dernier critère de la campagne est propre à la Belgique. Il concerne des initiatives pour la promotion des produits locaux. Avec Court-Circuit, le marché des producteurs locaux, avec le festival Nourrir Liège, avec des acteurs locaux comme Les Petits Producteurs, La Coopérative Ardente, Oufticoop et la Ceinture Alimentaire, Liège a beaucoup de potentiel pour devenir le champion de ce critère !

Mais… les produits locaux et le commerce équitable sont-ils concurrents ? Non !

Le comité de pilotage comprend des membres issus aussi bien de la société civile que de l’administration communale : il compte finaliser prochainement le dossier de candidature de la ville de Liège. Si tout se passe bien, la cérémonie officielle de remise du titre de Commune du commerce équitable à la Ville de Liège aura lieu début octobre 2021, lors du lancement de « La semaine du commerce équitable ». Ce sera l’occasion de rassembler une nouvelle fois les Liégeois.es autour du commerce équitable et de mettre en avant des acteurs locaux engagés, qui ont volontairement accepté de participer à cette campagne.  On se donne déjà rendez-vous le début octobre prochain, les détails suivront !

Plus d’info sur la Campagne Du Commerce Equitable :

www.cdce.be &  www.facebook.com/CommunesDuCommerceEquitable/

Contact Comité de pilotage – ville de Liège : olivier Mangeleer (olivier.watanabe@hotmail.com)

18/10/2018

Apéro-Politique 2018 – Liège

Table co-animée par Oxfam-Magasins du monde et achACT autour du commerce équitable et des marchés publics  de vêtements de travail 

« Marchés publics, un levier d’influence vers une plus grande durabilité »

Autour de la table, des militants actifs au sein d’Oxfam-Magasins du Monde mais aussi des citoyens venus d’horizons très divers et qui ont participé très activement aux discussions avec les candidats. Le conseil communal de la Ville de Liège a voté, le 3 septembre 2018, une motion visant à orienter les marchés publics de fourniture de vêtements de travail vers des achats durables qui tiennent compte des droits des travailleurs qui les fabriquent. Les partis sont-ils prêts à concrétiser cet engagement dans la prochaine déclaration de politique générale ? Sont-ils prêts également à introduire des critères de commerce équitable dans les marchés publics d’alimentation et de boissons ? Tous les candidats s’y sont engagés. Mais avec des nuances. 

Réponses des candidat.e.s :

Pour Murielle Frenay, conseillère provinciale (Vert Ardent, Ecolo), la réponse positive est évidente. Depuis 2007, elle a été la première à proposer d’intégrer les critères sociaux et environnementaux dans les marchés publics de la province. La motion votée en septembre est un pas important mais pour qu’elle se concrétise, la conseillère Ecolo insiste sur les nécessaires interpellations des citoyens. Cet engagement pourrait se faire via le budget participatif mis en place à Liège cette année.

La ville n’est toujours pas « commune du commerce équitable ». Murielle Frenay estime que cela doit figurer dans la déclaration de politique générale. Elle insiste cependant sur le fait que le commerce équitable ne doit pas se limiter à vouloir «aider les autres ». « Il faut changer de logiciel et concevoir le commerce équitable en termes d’égalité de traitement » Pour atteindre l’objectif, il faut un réel soutien de la commune.

Avec Julien Delaunois (MR), on est dans une tout autre approche : Son parti ne s’opposera pas à l’introduction de critères sociaux et environnementaux dans les marchés publics à condition que cela n’entraîne pas un surcoût pour la ville et donc pour le citoyen. Les citoyens, dit-il, ne seraient pas d’accord de voir augmenter leurs impôts parce que la ville ferait le choix du commerce équitable. Pour le candidat MR, ce choix doit être individuel. Interpellé sur la responsabilité morale des pouvoirs publics face à la réalité de l’exploitation des travailleurs dans le secteur des vêtements de travail, Julien Delaunois reconnaît qu’il faut « faire quelque chose » mais ajoute aussi que l’endettement de Liège est important et qu’il existe aussi beaucoup de pauvreté dans la ville. Les citoyens, conclut-il, sont « libres d’interpeler le conseil communal s’ils souhaitent susciter des envies de changement » dans l’attribution des marchés publics.

Benoît Drèze, conseiller communal CDH dit oui à l’introduction de critères environnementaux dans les marchés publics en favorisant les circuits courts mais ajoute que pour les critères sociaux, il est « plus prudent ». La sécurité sociale a été chez nous l’aboutissement de luttes sociales, dans les pays producteurs de vêtements, « il ne faut pas forcer les travailleurs s’ils ne sont pas prêts ». Il craint par ailleurs que l’achat de vêtements durables « dans les pays limitrophes » ne coûtent « trois fois plus cher ». En ce qui concerne le commerce équitable ?  Benoît Drèze assure qu’il n’a jamais été interpellé à ce sujet au conseil communal mais si, suite aux élections, il se trouve au Collège, l’endroit « où les choses se décident en matière de marchés publics », il promet de recevoir les représentants d’Oxfam-Magasins du Monde.

Pierre Stassart, échevin PS, veut que la motion votée le 3 septembre, s’accompagne d’objectifs chiffrés. C’est relativement aisé, dit-il, pour les vêtements moins pour les aliments et boissons où le marché est plus important. Le candidat PS insiste sur la difficulté de convaincre la direction financière de la ville qui agite la menace d’un refus d’approbation du marché public par la tutelle, c’est-à-dire la Région wallonne. Pour le marché public de l’achat de fruits et légumes pour les écoles, il y a eu, dit-il, un vrai « bras de fer » avec le directeur financier. Pour Pierre Stassart, il faut, au sein du personnel actif pour les marchés publics de la ville, « des personnes motivées et indépendantes de la direction financière ».  Il reconnaît que cette « motivation » doit aussi exister au niveau politique pour convaincre les réticences rencontrées dans l’administration.

Céline Lambeau (Vega) se montre très déterminée sur la nécessité d’intégrer les critères sociaux pour les marchés publics de vêtements mais aussi d’équipements scolaires, les chantiers, « partout où il y a des dépenses publiques ». La candidate Vega a une approche très différente du MR à propos de la responsabilité individuelle ou publique dans les achats durables. C’est à la ville de montrer la voie à suivre. « Elle doit communiquer sur ce qu’elle fait pour éveiller les consciences. Que l’autorité publique montre l’exemple ».

Interrogé sur le commerce équitable, Mehdi Salhi (PTB) répond d’abord en défendant le commerce de proximité face aux grands centres commerciaux. Il reconnaît que les électeurs du PTB sont très peu informés sur le commerce équitable et ses enjeux. La question du prix est essentielle pour un public défavorisé. Le PTB s’est battu contre la fermeture d’un Aldi dans le centre de Liège. N’est-ce pas incohérent de défendre ainsi une multinationale ? Mehdi Salhi en est conscient mais rappelle qu’il s’agit d’un commerce qui pratique des prix très bas. « Il ne faut pas être déconnecté des réalités sociales. Une autre approche du commerce doit se faire étape par étape ».

Compte-rendu d’achACT : http://www.achact.be/

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